MAGAZINE CONSTAS
 

Éditorial du numéro en cours

Valeur des infrastructures publiques, valeur des villes

Éditorial du numéro 57 / Automne 2021
Me Gisèle Bourque, directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef
Par  Me Gisèle Bourque,
directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef

Le REM, les lignes de transports, les travaux municipaux, le pavage de nos chaussées ont rempli, cet été, l’agenda principal des entrepreneurs du Génie civil et voirie. Autant d’activités contribuant, comme nous le savons, au-delà de leur valeur propre, à relancer l’économie québécoise. Portant 17 mois de crise sanitaire et économique, le Québec avait grandement besoin de sa locomotive, l’industrie de la construction, et particulièrement pour ce qui est des infrastructures publiques. À cette occasion, disons-le, les entrepreneurs québécois ont été exemplaires quant au respect des mesures sanitaires. Face à la persistance d’une pandémie qui n’en finit plus de nous mettre à l’épreuve, ils ont réussi à maintenir les mesures de protection que requérait une intense poursuite des travaux, sans jamais baisser la garde. Il est important de persévérer sur cet élan, le temps d’un retour à la normale ou, plus précisément, de l’établissement d’une nouvelle normalité de la vie, du travail et des échanges humains.

Le BIM au service des projets d’infrastructure publique

D’ici là, de surcroît, il faut préparer la suite et reprendre où nous en étions, spécialement en ce qui concerne notre quête de productivité. Rappelons que le gouvernement du Québec, dans le cadre de son Plan d’action pour le secteur de la construction, cherche à accroître la productivité de l’Industrie à l’aide d’outils numériques. Pour cela, il mise sur l’utilisation de la modélisation des données du bâtiment, également connue sous l’appellation Building Information Modeling (BIM). Une feuille de route gouvernementale a donc été élaborée et récemment adoptée par plusieurs donneurs d’ouvrage publics. Dès 2021, par étapes, nous verrons le BIM s’intégrer aux projets d’infrastructure publique. L’ACRGTQ voit d’un très bon œil l’adoption d’un tel plan. Le virage numérique de l’industrie de la construction, particulièrement en y intégrant le BIM, s’accorde avec notre recherche d’efficience.

L’implication du gouvernement et de ses principaux donneurs d’ouvrage était essentielle à l’inscription effective de ces développements à notre propre feuille de route. Ainsi l’ACRGTQ collabore-t-elle avec les principaux partenaires de l’Industrie au Québec à la promotion du numérique en matière de construction. En outre, l’ACRGTQ et l’Association de la construction du Québec (ACQ), avec le soutien du ministère de l’Économie et de l’Innovation, ont récemment confié à l’École de technologie supérieure (ETS) le mandat de mesurer l’impact de l’innovation technologique sur la productivité de l’Industrie.

Les villes intelligentes, les penser, les construire

La question du numérique et de l’impact de l’innovation conduit facilement à celle des villes intelligentes, thème de notre dossier. Il s’agit en somme d’user à bon escient de moyens technologiques aptes à faciliter une meilleure communication entre les différentes composantes municipales modernes, une meilleure interaction entre les ressources humaines, matérielles et financières, un meilleur usage des équipements, des systèmes et de tous les actifs, cela à l’avantage premier des personnes. On pense notamment aux infrastructures, à la gestion des systèmes de circulation et de transport, aux centrales électriques ou aux réseaux d’approvisionnement en eau : mieux les régir pour en permettre tous les bienfaits. L’intelligence des villes, c’est d’abord l’intelligence de préserver et d’améliorer la qualité de vie des citoyens.
Cette cinquante-septième édition de Constas, qui entre cet automne dans sa 15e année, vous offre un large panorama sur cet immense sujet qui passionne la planète et au cœur duquel, comme souvent, figure le rôle, l’idée, le geste de construire.

Bonne lecture ! ■