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Éditorial du numéro en cours

Ce qui ne changera pas

Éditorial du numéro 55 / Printemps 2021
Me Gisèle Bourque, directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef
Par  Me Gisèle Bourque,
directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef

C’est dans un contexte particulier et hors du commun que l’ACRGTQ a tenu son congrès de 2021. Le 77e congrès de son histoire fut d’abord repoussé de janvier à mai, puis finalement tenu intégralement en virtuel, avec les technologies de communications qui se déploient et se raffinent à l’occasion de la pandémie et des nécessaires mesures qui nous aident à la repousser. L’innovation était sur toutes les lèvres et les conférenciers se sont exprimés tour à tour, écran par écran, sur l’importance cruciale qu’elle prendra dans les années à venir, bien au-delà des esquisses actuelles. L’innovation sera définitivement au cœur des activités en tous domaines, et donc des activités industrielles et de construction. Le 77e congrès s’en voulait le reflet. Il en aura été, également, partie prenante. Les façons de faire changent à un rythme étonnant et les entrepreneurs, comme leur clientèle, bien qu’avec diligence, doivent dès à présent enrichir leurs méthodes de travail à la source des nouvelles technologies, comme leur approche organisationnelle et humaine à la fontaine des nouvelles réalités générationnelles et sociales.

L’innovation réussie rendra l’Industrie plus productive, comme elle le souhaite depuis au moins une décennie, mais également plus féconde, apte à attirer en matière de main-d’œuvre une jeunesse elle-même à la recherche de dépassement. La pénurie de main-d’œuvre que nous connaissons, voyons-la finalement comme l’occasion de nous renouveler en tant qu’employeurs et dirigeants. Dynamiques, imaginatifs, nous n’en deviendrons que plus attrayants, tournés vers ce que nous commande déjà, avec une insistance certaine, le proche avenir.

Or l’avenir passe nécessairement par la santé et la sécurité de nos travailleurs. Les dernières années ont vu une amélioration des bilans SST sur nos chantiers de construction. Mais, il le faut répéter chaque jour, un seul accident est un accident de trop, et le point zéro, inatteignable à terme dans les faits, doit demeurer la cible, un idéal auquel aspirer tous ensemble. La sécurité sur les chantiers, inestimable, est un travail d’équipe entre travailleurs, entrepreneurs, donneurs d’ouvrage. Tout un chacun a une grande responsabilité, à la fois partagée et personnelle. Les entrepreneurs, pour leur part, ont été exemplaires à ce chapitre, en cette période pandémique qui les a pourtant mis à rude épreuve. Nous les appelons à persévérer en ce sens, sans nul relâchement. Et d’innover également en cette matière, avec l’appui des institutions et des grands donneurs d’ouvrage.

La dernière année aura été pour le moins assez lourde en obstacles, et généreuse en zigzags compliqués et inédits, mais il est permis d’envisager les prochaines avec un sage optimisme et un certain espoir de stabilité, même si la normalité et sa perception ne seront plus ce qu’elles étaient. L’avenir se dessine sur de nouvelles bases, mais il se dessine, et nous tenons encore le crayon pour la partie qui nous concerne. La construction a son histoire, intimement liée à celle des bâtisseurs que nous sommes, et elle aura un futur imprégné de nos actes, de nos choix et de nos œuvres, qui se prolongera bien au-delà de nous-mêmes. Voilà ce qui ne changera pas.  ■