Collaborer pour mieux bâtir : quand la technologie accélère les projets
Comment une meilleure circulation de l’information transforme-t-elle les chantiers?
Dans une industrie où les projets se complexifient et où les délais se resserrent, la collaboration n’est plus un simple atout : elle constitue désormais un véritable levier de performance.
par Anne Genest
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Pour Annie Chantelois, ing. M. Sc. A., présidente de Dreeven Technologies, cette transformation est claire. « Pendant longtemps, la performance se mesurait surtout à la solidité d’un ouvrage et au respect des échéanciers. Aujourd’hui, la capacité à travailler ensemble est devenue tout aussi essentielle », affirme-t-elle.
Avec les multiples intervenants sur un chantier — entrepreneurs, sous-traitants, professionnels, fournisseurs —, les renseignements circulent plus difficilement. Les suivis se dispersent dans les courriels, les décisions s’égarent parmi les pièces jointes, et les imprévus exigent des ajustements rapides. « Lorsque l’information n’arrive pas au bon moment ou à la bonne personne, tout ralentit », résume-t-elle. Dans ce contexte, la capacité à collaborer devient aussi importante que la compétence technique.
Les outils numériques ne
remplacent pas la collaboration ;
ils la facilitent grandement.
— Annie Chantelois
Quand le travail en équipe se structure
C’est pour répondre à ces enjeux qui émergent, notamment des plateformes collaboratives numériques, comme Dreeven, qui centralisent tous les documents clés des projets de construction, simplifient la coordination et permettent aux intervenants de prendre de meilleures décisions.
Dans un même environnement, les plans, les photos, les rapports, les feuilles de temps et les questions techniques deviennent accessibles à tous. Chacun y trouve un tableau de bord adapté à son rôle. Des notifications automatiques remplacent les suivis manuels et l’historique des décisions s’organise sans effort. Une pièce manquante, un changement de plan ou une demande urgente peuvent alors être traités sans délai. « Plus l’information circule rapidement, plus les équipes gagnent en réactivité », rappelle Mme Chantelois.
Cette approche replace le projet au centre plutôt que les silos organisationnels. La synergie entre les acteurs du projet cesse d’être un réflexe informel pour devenir un processus structuré, simple et traçable. Plusieurs entreprises observent déjà des gains concrets. Chez BES (Bureau d’études spécialisées), firme de génie-conseil en structure, l’adoption d’un outil collaboratif a réduit les frictions et accéléré la coordination. « Recevoir et partager l’information au même endroit a éliminé bien des frictions », note son directeur de projets, Luciano Fronteddu. Leur expérience illustre ce que vivent de plus en plus d’équipes : une meilleure cohérence dans les décisions et un rythme de travail plus stable.
Des bénéfices tangibles pour les équipes
Si la collaboration s’impose comme un pilier, c’est qu’elle génère des retombées mesurables. La première est la réduction des délais. Lorsque l’information circule en temps réel, les chantiers absorbent mieux les imprévus et les ajustements de séquence. Un changement de plan ou une réquisition urgente se traite sans confusion, ce qui assure la continuité du projet.
L’optimisation des coûts suit la même logique. Moins d’erreurs, moins de reprises, moins de temps perdu. Les matériaux sont gérés plus finement et les interventions sont mieux coordonnées. La qualité s’en trouve renforcée : une information cohérente limite les risques d’incohérence et permet de mobiliser la bonne expertise au bon moment.
Ces gains touchent aussi le climat de travail. Une documentation claire, un historique accessible et des échanges structurés réduisent le stress associé aux suivis et aux zones d’ombre. Les gestionnaires peuvent enfin disposer d’un portrait complet du chantier, ce qui facilite les ajustements quotidiens.
Défis persistants et leviers d’avenir
Malgré ces avancées, certains défis demeurent. Les organisations doivent clarifier leurs processus internes, définir leurs responsabilités ou revoir certains réflexes hérités. « Il faut comprendre comment on fonctionne, comment circulent les documents clés et où se situent les blocages », explique Annie Chantelois. Ce diagnostic devient la base d’une méthodologie cohérente, soutenue par un outil adapté.
La présidente de Dreeven Technologies insiste : « Les outils numériques ne remplacent pas la collaboration ; ils la facilitent grandement. » La technologie ne fonctionne que lorsqu’elle soutient une véritable culture de transparence et de partage. Elle rend le fonctionnement partagé tangible, visible et organisé, mais ne remplace jamais le jugement humain.
L’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) renforce cette dynamique. Analyse automatisée, anticipation des risques, planification intelligente : l’IA devient un partenaire discret, capable d’aider les équipes à prendre de meilleures décisions. Avec des données fiables et bien structurées, elle offre une vue d’ensemble qui complète l’expertise humaine.
Pour Mme Chantelois, le message est clair : la collaboration n’est plus une option. Elle détermine aujourd’hui la capacité des entreprises à livrer des projets fiables, efficaces et à valeur ajoutée. « Collaborer, c’est accepter de partager la responsabilité, de faire circuler l’information et de valoriser chaque expertise », dit-elle.
Dans une industrie où les besoins sont immenses et où les contraintes se multiplient, encadrer la coordination, grâce à des outils simples, rigoureux et accessibles, apparaît comme l’un des vecteurs les plus prometteurs pour l’avenir de la construction.■
Plus l’information
circule rapidement,
plus les équipes
gagnent en réactivité.
— Annie Chantelois


