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Deux distinctions pour Pomerleau

L’entreprise reçoit deux prix de l’ACRGTQ pour ses innovations en développement durable et ses actions en matière d’inclusion

L’expertise et le savoir-faire des professionnels de Pomerleau ont été reconnus non pas une, mais deux fois par l’ACRGTQ. Celle-ci a remis à l’entreprise le prix Génie-voirie en développement durable et le prix Inclusivité-mixité.

par Marie-Ève Martel

 

 

L’entreprise en construction, qui célèbre cette année 60 ans d’existence, a été récompensée pour l’innovation dont elle a fait preuve en matière de développement durable sur le chantier de modernisation et de sécurisation des infrastructures portuaires de Trois-Rivières. Ce projet consistait en la démolition et la reconstruction du quai 17, la construction du nouveau quai 16 et la modernisation des anciens silos à grains du terminal céréalier, en misant notamment sur des infrastructures plus résilientes face aux phénomènes liés aux changements climatiques, comme les inondations, les crues et la hausse du niveau de l’eau.

Pour y arriver, Pomerleau a utilisé un mur combiné de 360 mètres, des pieux de 150 pieds de long et l’utilisation de matériaux recyclés pour les remblais et la reconstruction des murs de soutènement. Ces choix ont amélioré la durabilité des ouvrages et ont réduit leur empreinte environnementale.

Dès le début du projet, l’entreprise avait pour objectif de récupérer plus de 95 % du béton concassé pour l’incorporer dans les ouvrages. D’ailleurs, pour la première fois au Québec, une pelle télécommandée fixée à une grue permettait une démolition à plus de 200 pieds de hauteur. Cette méthode, précise et sécuritaire, a été pensée pour minimiser les impacts.

 

Le chantier de modernisation et de sécurisation des infrastructures portuaires de Trois-Rivières

 

Innover pour l’environnement

Plusieurs enjeux environnementaux ont dû être pris en compte en raison de la proximité du chantier avec le fleuve Saint-Laurent. On y retrouvait de plus un bassin contenant des poissons : les travaux devaient être réalisés sans perturber l’écosystème aquatique en place.

Pour éviter de contaminer l’eau, des écrans anti-turbidité ont été installés autour de la zone de travaux. Ce faisant, les débris et particules provenant de la démolition ont été filtrés et n’ont pas pu s’échapper de l’enceinte, explique Charles-Étienne Bergeron, ingénieur et directeur de projets principal, Civil et Infrastructure chez Pomerleau.

Une attention particulière a aussi été mise sur la gestion des déchets de construction et des produits chimiques pour éviter que ceux-ci se retrouvent dans l’eau. « Tout ce qui était ravitaillement et opérations sur l’eau a été coordonné pour éviter la pollution par les débris de construction », indique l’ingénieur.

Les travaux ont aussi été limités pendant certaines périodes jugées « sensibles » pour l’écosystème, comme la période de fraie des poissons.

De plus, les impacts sonores et les vibrations causées par la machinerie ont été mitigés pour perturber le moins possible les activités se déroulant à proximité du chantier.

Qu’est-ce que le prix Génie-voirie en développement durable ?

Le prix Génie-voirie en développement durable salue l’excellence des pratiques innovantes dans une perspective de développement durable, récompensant une entreprise pour son approche contribuant à la protection de l’environnement et à la création d’une économie responsable.

Réutiliser les débris de construction

C’est sans compter les nuisances inhérentes à la démolition, comme la présence de poussière. Pour minimiser la dispersion des particules dans l’air, des camions à eau sont passés régulièrement sur le chantier et l’utilisation d’abat-poussières a été nécessaire.

Près de 80 000 tonnes de béton issues de la démolition des silos à grain ont aussi pu être revalorisées pour les remblais à même le chantier. Cela a limité non seulement l’achat de matériaux en provenance de carrières, mais aussi le camionnage pour entrer et sortir le tout du chantier.

« On a réduit la quantité de déchets sur site et réutilisé le béton pour le remblayage, ce qui correspond à 730 tonnes de GES évitées, soit environ 2 500 camions de moins sur les routes », résume Charles-Étienne Bergeron.

Grâce à ce projet, qui peut servir d’exemple ailleurs au Québec, Pomerleau a prouvé qu’il est possible, sur les grands chantiers de construction, d’adopter une posture d’innovation, de durabilité et de performance, tout en réduisant l’impact environnemental d’un chantier.

On a réduit la quantité
de déchets sur site et réutilisé
le béton pour le remblayage,
ce qui correspond à
730 tonnes de GES évitées,
soit environ 2 500 camions
de moins sur les routes.

— Charles-Étienne Bergeron

 


 

 


 

Mixité sur les chantiers

L’ACRGTQ a aussi récompensé Pomerleau pour l’inclusion de personnel féminin ou issu de groupes sous-représentés sur ses chantiers.

C’est le projet de réhabilitation complète de la digue 2 de Bersimis-2 qui a valu les honneurs à la firme. Ce projet s’est démarqué par la présence de femmes au sein de l’équipe de projet, notamment à la gestion et à la coordination des opérations, démontrant une volonté concrète de favoriser la diversité dans les rôles clés du chantier.

Pour le directeur de projets, civil et infrastructures, Hugues Marchand, cette diversité contribue positivement aux façons de travailler sur le terrain. « Ça amène différentes idées, et surtout des façons différentes de voir les choses », souligne l’ingénieur, mettant en évidence l’apport de la mixité dans la dynamique d’équipe et la prise de décision.

Qu’est-ce que le prix Inclusivité-mixité ?

Le prix Inclusivité-mixité souligne l’engagement d’un entrepreneur dans la promotion de la place des femmes dans l’industrie de la construction.

Soutenir la main-d’œuvre autochtone locale

Sur le chantier de Bersimis-2, Pomerleau a adopté une approche axée sur la collaboration avec les communautés autochtones, en favorisant la participation de travailleurs issus des Premières Nations, dans le respect du territoire concerné et des communautés locales.

Pour Hugues Marchand, cette démarche est essentielle. « Comme on travaille sur leur territoire, il est important qu’ils puissent participer activement aux projets qui s’y réalisent et que les retombées bénéficient aux communautés locales », explique-t-il.

Pomerleau collabore aussi avec plusieurs établissements d’enseignement postsecondaire pour recruter des étudiants autochtones, leur offrir des stages et des programmes de bourses pour soutenir leur parcours en génie. La direction de l’entreprise a aussi été formée sur le leadership en relations avec les Autochtones.

Le chantier de modernisation et de sécurisation des infrastructures portuaires de Trois-Rivières

L’inclusion dès l’embauche

Chez Pomerleau, l’inclusion débute dès l’embauche. Depuis décembre 2024, les nouvelles recrues sont invitées, sur une base volontaire et confidentielle, à s’identifier selon différentes dimensions de la diversité, une démarche visant à mieux comprendre la composition de la main-d’oeuvre et à orienter les actions en équité, diversité et inclusion.

Par ailleurs, plus de 2 000 employés ont suivi, depuis 2024, une formation obligatoire sur le respect et la civilité ; 200 gestionnaires ont pour leur part reçu un coaching en équité, diversité et inclusion (EDI) pour « réduire les biais inconscients et adopter des pratiques inclusives » en milieu de travail.

Selon Hugues Marchand, cette évolution se reflète concrètement sur les chantiers. La diversification des équipes contribue à instaurer un climat de travail plus respectueux et professionnel.