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Rigueur et productivité : le pari gagnant de Cegerco en santé et sécurité

Des pratiques innovantes sur le chantier de la centrale de rapide-2

Cegerco a remporté le prix Défi prévention santé-sécurité du travail, lors du dernier congrès annuel de l’ACRGTQ, ses mesures de prévention — plus de 300 — mises en place sur le chantier de la Centrale de Rapide-2, soulignant son approche structurée et proactive en matière de santé et sécurité.

par Marie-Ève Martel

 

 

Jean-François Coudé, ingénieur, président-directeur général de Cegerco

Le 50e anniversaire de Cegerco a été souligné de belle façon : la firme fondée au Saguenay en 1976 a reçu plus tôt cette année le prix Défi prévention santé-sécurité du travail 2026, décerné par l’ACRGTQ, pour ses pratiques innovantes sur le chantier de la Centrale de Rapide-2.

Déployé en Abitibi-Témiscamingue, ce chantier d’Hydro-Québec était particulièrement complexe. Il consistait notamment en la mise à niveau et en la réfection du barrage et de la centrale hydroélectrique, vieux de 70 ans, sans toutefois en interrompre les activités.

« Il fallait tout refaire : le tablier, les piliers, l’évacuateur de crues ainsi que les ancrages actifs et passifs », énumère Jean-François Coudé, ingénieur et président-directeur général (PDG) de Cegerco.

300 mesures de sécurité

Le chantier comportait plusieurs risques critiques, notamment des travaux en hauteur, des interventions en espaces clos, des travaux sur l’eau ou à proximité de celle-ci, la circulation d’équipement lourd ainsi que la possibilité de chute d’objets. Afin d’éliminer ces risques à la source, Cegerco a mis en place plus de 300 actions en prévention.

L’entreprise a également cherché à réduire les risques de troubles musculosquelettiques en mécanisant le plus possible les opérations de démolition.

« On a tenté de mécaniser nos opérations de démolition avec des marteaux rotatifs ou hydrauliques ainsi que de petites pelles mécaniques afin de limiter au maximum la démolition manuelle », souligne M. Coudé.

Dans les situations où une démolition manuelle était nécessaire, des exosquelettes ont été fournis aux travailleurs pour leur offrir un support lombaire renforcé.

Pour diminuer la présence de silice cristalline dans l’air durant les travaux de démolition, le tablier en béton et les piliers du barrage ont également été sciés en plus gros morceaux avant d’être évacués du site.

« Nous avons aussi aménagé des accès suspendus au-dessus l’eau, fixés directement au barrage, afin de permettre la circulation d’une rive à l’autre », explique le PDG.

Déployé en Abitibi-Témiscamingue, le chantier consistait notamment en la réfection du barrage et de la centrale hydroélectrique Rapide-2, vieux de 70 ans, sans en interrompre les activités

Un drone a par ailleurs été utilisé pour inspecter les structures, ce qui a permis d’éviter d’exposer des travailleurs à des zones plus à risque ou difficile d’accès, tout en améliorant l’efficacité des inspections.

Enfin, pour limiter le risque de chute d’objets associé à la présence permanente d’une grue au-dessus du chantier du tablier du pont, des accessoires de coffrage et des garde-corps ont été installés sur les dalles à poser en préfabrication. Cela a permis de réduire le nombre de travailleurs nécessaires sur le tablier et de diminuer les risques de chute d’objets.

Une responsabilité partagée

L’approche de Cegerco en matière de santé et sécurité ne laisse aucune place à l’improvisation, insiste Jean-François Coudé.

« Toutes ces mesures [de prévention] s’inscrivent dans une démarche de leadership en santé et sécurité mise en place depuis plusieurs années, qui repose notamment sur une décentralisation de la gestion de la SST », explique le président-directeur général.

Cette approche fait en sorte que l’ensemble du personnel de Cegerco, — de la haute direction aux travailleurs sur le chantier — contribue activement à sécuriser les opérations de l’entreprise, et ce, sur l’ensemble de ses projets.

Par exemple, « chaque gestionnaire, peu importe son rôle, doit se rendre sur les chantiers afin de réaliser des observations préventives et d’identifier les risques en amont, illustre M. Coudé. Il doit aussi effectuer des inspections et collaborer avec nos travailleurs pour leur démontrer que nos efforts de santé et sécurité sont réellement un travail d’équipe. »

Sur le chantier de la Centrale de Rapide-2, les gestionnaires d’Hydro-Québec affectés au projet ont également été invités à suivre la même formation que ceux de Cegerco, afin que toutes les parties prenantes partagent une base commune en matière de santé et sécurité.

M. Coudé souligne cette ouverture : « C’est rare qu’un client accepte de suivre la formation et considère la santé et la sécurité au travail avec autant de sérieux. Mais avec de grands donneurs d’ouvrages comme Hydro-Québec ou Rio Tinto, c’est plus facile, parce que leur culture en SST est déjà très élevée. » Il souhaite que cette implication des partenaires devienne la norme dans l’industrie.

Rigueur et productivité peuvent faire bon ménage

La prévention fait partie de la philosophie de l’entreprise. « Certains donneurs d’ouvrage ont des exigences plus élevées que d’autres en matière de sécurité sur les chantiers, rappelle Jean-François Coudé. Pour notre part, nous préférons appliquer ces standards en tout temps, peu importe le client. Nous ne voulons pas seulement respecter le minimum. Pour nous, il est impensable d’être très rigoureux sur un chantier et de ne pas l’être autant sur un autre. »

Selon lui, les exigences élevées en matière de prévention ne nuisent pas à la productivité, bien au contraire. « Beaucoup de gens pensent qu’un niveau élevé d’exigence en santé et sécurité peut ralentir les travaux, mais je suis convaincu du contraire. On peut être très rigoureux tout en demeurant performant. »

« Lorsqu’on travaille de manière structurée et organisée, le projet se réalise selon les meilleurs standards et avec une meilleure qualité. Les accidents qui ralentissent les opérations sont évités, et il n’est pas nécessaire de reprendre un travail mal exécuté », conclut-il.

 

Pour éliminer les risques à la source, Cegerco a mis en place plus de 300 actions en prévention

 

Qu’est-ce que le prix Défi prévention santé-sécurité du travail ?

Le prix Défi prévention santé-sécurité du travail met en valeur la prévention des accidents de travail dans le cadre d’une saine compétition. Il récompense un chantier où des mesures de sécurité efficaces ont été mises en place pour contrôler ou éliminer les dangers à la source, soulignant ainsi les efforts des entrepreneurs en matière de prévention sur les chantiers de construction.