MAGAZINE CONSTAS

Un plan ambitieux pour l’avenir énergétique du Québec

Hydro-Québec nous présente sa feuille de route

Avec son Plan d’action 2035, Hydro-Québec a pour ambition de décarboner le Québec. Une transition énergétique qui reste au centre de plusieurs grands chantiers, avec l’augmentation de la production d’énergie verte, une meilleure fiabilité du réseau et l’électrification des transports et des bâtiments.

par Leïla Jolin-Dahel

 

 

C’est pour contribuer à la réalisation de cette mission que Michel Bouchard a récemment été nommé vice-président, Projets de construction, à la société d’État. « La raison d’être du Plan est de soutenir la transition énergétique et la décarbonation du Québec et d’être à l’avant-garde pour les générations à venir. »

À ses yeux, le Plan devient une sorte d’étoile du Nord qui oriente et aligne les décisions à moyen et long terme. « Ça fournit encore plus de clarté sur les façons d’atteindre nos objectifs. »

Dans cette vaste stratégie, le mandat de son équipe consiste plus précisément à réaliser des projets de construction. Ses effectifs sont donc responsables de la réfection des barrages électriques, de l’amélioration des lignes de transport existantes et de la construction de nouvelles en fonction des différents besoins. « On se concentre sur notre système énergétique de base, à la grandeur du territoire québécois. »

Une meilleure fiabilité du réseau est essentielle pour la concrétisation des ambitions d’Hydro-Québec. « Notre plan amène davantage de capacités énergétiques. Il faut que le réseau de transport et de distribution soit en mesure de les soutenir de façon pérenne pour remplir nos obligations envers l’ensemble de la clientèle. » La société d’État compte ainsi déployer des équipements de pointe sur son réseau de distribution, incluant des poteaux de composite et des protections de conducteurs. Elle planifie aussi l’enfouissement de certaines lignes.

Et comme 40 % des pannes sont attribuables à la végétation, Hydro-Québec prévoit des travaux supplémentaires pour maîtriser la végétation située près de ses infrastructures et ainsi faire chuter le taux de pannes de 30 % d’ici 2028.

Une solide expertise

Depuis sa création en 1944, Hydro-Québec a chapeauté d’ambitieux chantiers à l’échelle provinciale. « Mais le Plan d’action 2035 en est un de classe mondiale. On est partis de nos bonnes pratiques existantes pour les améliorer. On prend par exemple l’expertise développée avec nos ingénieurs, nos professionnels et nos gestionnaires dans les projets réalisés à la Baie-James, qui ont encouragé le développement du Québec. Parfois, il s’agit seulement d’implanter certains systèmes plus rigoureux ou différents pour être en mesure de soutenir un plus grand volume. »

La société d’État utilise donc son savoir-faire historique comme levier pour augmenter son volume de projets d’année en année. Ainsi, d’ici 2035, elle a à son programme la production de 60 TWh additionnels, dont 40 % serviront au chauffage des bâtiments et à l’électrification des transports. Ces deux secteurs représentent aujourd’hui plus de la moitié des émissions de GES de la province. La production supplémentaire d’énergie sera également allouée à la décarbonation des industries, qui comptent pour le tiers des émissions actuelles, et ce, en remplaçant notamment des produits polluants par de l’électricité ou d’autres sources d’énergie renouvelables.

Hydro-Québec vise donc à ajouter plus de 10 000 MW de capacité éolienne d’ici 2035. Ce chantier sera géré en collaboration avec une autre équipe que celle de M. Bouchard, mais ces travaux sont complémentaires à la réalisation des ambitions de la société d’État.

C’est pour répondre à cette hausse de production qu’Hydro- Québec prévoit d’augmenter la puissance de ses centrales actuelles, tout en créant de nouvelles infrastructures, dont une centrale à réserve pompée. Une transition qui passe aussi par l’intégration d’énergie solaire et de stockage supplémentaire par batterie. Une façon de compléter les investissements en éolien et en hydroélectricité.

La raison d’être du Plan est de soutenir
la transition énergétique et la décarbonation
du Québec et d’être à l’avant-garde
pour les générations à venir.

— Michel Bouchard

 


 

 


 

Plusieurs leviers

Michel Bouchard, vice-président, Projets de construction pour Hydro-Québec

Mais Hydro-Québec n’agit pas seule. La société d’État s’appuie sur des contributions de l’ensemble de l’écosystème québécois.

Ainsi, pour pallier les défis de main-d’oeuvre, elle collabore avec ses partenaires afin de rendre le secteur plus attractif et aligner les plans de formation en fonction des besoins. « Et pas seulement ceux d’Hydro-Québec, mais aussi de l’ensemble de l’industrie », souligne Michel Bouchard.

Pour ce faire, elle a tissé des liens avec des organisations telles que l’ACRGTQ. « En ce qui concerne les besoins en main-d’oeuvre, on discute avec la Commission de la construction du Québec (CCQ) et différents ministères, rappelle Michel Bouchard. On s’assure que les impératifs en matière de formation sont soutenus afin que toutes ces personnes soient prêtes à travailler avec nous. »

Des changements qui transforment aussi la nature des accords passés avec les entreprises du secteur. « On continue notre mode d’exécution traditionnel forfaitaire pour nos besoins de base. Mais on adopte de plus en plus une approche contractuelle collaborative. » Par exemple, Hydro-Québec entrevoit l’octroi de contrats à plus long terme dans la réalisation de certaines activités. « On fait ça avec nos turbiniers, avec la mécanique lourde. Et on commence à le faire avec les contrats d’installation. Ces ententes donnent de la visibilité pérenne à un partenaire. Ça lui est utile à la fois pour bien structurer sa croissance et aussi pour bien nous servir. Et collaborer longtemps avec une même organisation permet de développer de l’efficience. »

Hydro-Québec désire également faciliter la tâche à ses partenaires du secteur privé en optant pour une planification ouverte, leur offrant une meilleure idée de l’état du réseau et de son évolution. Une approche collaborative agissant comme levier pour innover. « À l’heure actuelle, notre industrie de la construction n’est pas forcément à l’avant-plan en termes d’innovations. Mais le Plan d’action 2035 permet justement de nous structurer et de relever ensemble des défis plus grands. »

Des retombées qui touchent non seulement le secteur de la construction, mais aussi l’intégralité de la main-d’oeuvre participant à la réalisation de projets d’envergure au Québec. « On souhaite que l’ensemble des talents puissent aller chercher une expertise qui servira de levier économique pour le Québec. »