MAGAZINE CONSTAS
 

Éditorial du numéro en cours

Le gouvernement du Québec
et l’industrie de la construction :
un rendez-vous capital

Éditorial du numéro 52 / été 2020
Me Gisèle Bourque, directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef
Par  Me Gisèle Bourque,
directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef

L’indispensable retour aux chantiers s’est donc amorcé le 11 mai dernier pour des milliers d’employeurs et des dizaines de milliers de travailleurs québécois. Pour l’économie et le développement du Québec, et pour la pérennité et la sécurité de ses infrastructures, il était grand temps. Aucune industrie ne peut souffrir aussi longtemps une rupture totale de fonctionnement. C’est à un véritable infarctus industriel que nous a soumis la crise de la Covid-19, à une interruption dramatique des flux d’argent, de fournitures et de travail. Les dommages seront irréparables, à la fois pour les entrepreneurs et les fournisseurs, si une médecine financière et organisationnelle du plus haut calibre n’est pas appliquée à court et moyen termes, et peut-être au-delà. Il ne s’agit pas uniquement de panser les plaies, aujourd’hui pour demain. Il est impératif de remettre en marche pour une nouvelle vie ce cœur industriel dont les événements ont interrompu l’oxygénation.

L’environnement de cette reprise est et restera un environnement inédit, pour ainsi dire de seconde génération, soumis à des règles nouvelles, essentielles, incontournables. Mais aucune nouvelle norme ou prescription ne doit empêcher ou même ralentir le nouvel élan que nous tentons d’établir, cette nouvelle santé à laquelle aspire l’industrie de la construction. Les effets structurants des projets d’infrastructures sur l’économie du Québec ne sont plus à prouver, ni le bien-fondé des investissements publics qui les permettent. Or, tout en demeurant dans cette logique, il est clair que la tragédie entrepreneuriale que nous traversons a fait grimper considérablement le niveau des besoins réels, sans doute plus complexes que prévu en première analyse, et donc celui des attentes légitimes. Nous attendons donc avec impatience les propositions du gouvernement québécois sur le soutien qu’il entend offrir à l’Industrie, et au premier chef à notre grand secteur, celui du génie civil et voirie, de même que les mesures exceptionnelles d’accélération qu’il aura conçues pour redonner vie à l’économie du Québec et à l’un de ses navires amiraux, la construction. Le gouvernement et l’Industrie ne peuvent manquer ce rendez-vous capital.

Au-delà des impératifs sanitaires, qui semblent faire à bon droit l’unanimité, les forces vives qui sont les nôtres, humaines, professionnelles, entrepreneuriales, manufacturières et commerciales font face à des enjeux nationaux ou locaux. Il importe en particulier de souligner et d’exposer les avantages de l’achat national et local des produits et services, de même que ceux d’une meilleure autonomie dans les parties essentielles de notre production. C’est pourquoi nous consacrons notre dossier tout spécialement à nos entrepreneurs et à l’ensemble des réseaux qu’ils alimentent et dont ils sont alimentés en retour. Éprouvés par les événements, mais confiants malgré tout et plus que jamais solidaires de l’ensemble des citoyens et des institutions du Québec, ses acteurs demeurent déterminés à servir les donneurs d’ouvrage et à bâtir ce Québec où il reste tant à faire et à donner. Ce numéro leur est dédié. Que sa lecture vous les fasse mieux connaître et apprécier.