MAGAZINE CONSTAS
 

Éditorial du numéro en cours

La main-d’œuvre et l’innovation : l’un ne va pas sans l’autre

Éditorial du numéro 60 / Été 2022
Me Gisèle Bourque, directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef
Par  Me Gisèle Bourque,
directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef

Nous voici, comme chaque été, au plus fort des travaux de génie civil et voirie. L’ensemble des entrepreneurs et des fournisseurs de notre secteur est en action, à entretenir ou à mettre à niveau les infrastructures du Québec, puis à en déployer de nouvelles, le tout en accord avec les plus récents efforts de relance économique.

La pénurie de main-d’œuvre, toutefois, qui s’enracinait au pays bien avant la pandémie, s’est accrue depuis lors, ce qui complique la tâche. Chaque grappe industrielle met en place, pour elle-même, des mesures visant à attirer davantage de ressources humaines et, surtout, à conserver l’essentiel de ses acquis. La concurrence qui s’ensuit, à partir d’un bassin commun et déjà réduit de main-d’œuvre, est féroce. L’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) et ses partenaires ne sont pas en reste, qui mettent l’épaule à la roue afin de constituer un milieu attirant, propice au développement des nouveaux talents et ouvert aux renforts venant de tous horizons, avec tout ce que cela suppose de soutien et de formation. Mais la partie n’est pas gagnée et les entreprises, spécialement les membres de l’ACRGTQ, doivent soutenir chacune l’effort général, notamment par l’innovation.

Le plus récent congrès de l’ACRGTQ, tenu début juin à Québec et dont Constas donnait un avant-goût en dossier, dès janvier, a permis de confirmer le fort virage technologique et humain que l’industrie a continué d’emprunter au cours des deux années et plus de pandémie. À quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Face à une pandémie dont les effets furent augmentés par une main-d’œuvre trop rare, alors que les travaux et les responsabilités continuaient leur course, les entrepreneurs ont pris le parti de l’innovation et du changement. Non seulement ont-ils commencé à adopter de nouvelles avenues en matière de ressources humaines, mais ils ont commencé à enrichir leurs opérations de nouveaux apports technologiques et méthodiques. Maintes initiatives sont ainsi en cours à tous niveaux, dans l’industrie, visant à favoriser un virage numérique qui soit à la fois solide et pertinent, à la mesure de nos besoins et de nos capacités. La Feuille de route gouvernemental BIM et l’Initiative québécoise pour la Construction 4.0 sont là pour en témoigner.

Par l’innovation nous trouvons réponse à notre besoin de performance et ouvrons des perspectives de meilleure rentabilité, mais nous jouons également avec elle de bons coups sur l’échiquier de la main-d’œuvre. L’innovation réussie rationalise les ressources disponibles, en même temps qu’elle en attire de nouvelles. Les jeunes sont à la recherche d’emplois stimulants et notre secteur a le devoir de les séduire à ce chapitre avec d’authentiques avancées en gestion, en technologie, en mode de réalisation, en façon de construire.

Or, ces avancées, faut-il encore en parler, les faire connaître. C’est ce à quoi s’affaire notre magazine depuis bientôt 16 ans, cette fois avec un grand dossier qui concerne le Réseau express métropolitain, le REM. De nombreuses innovations et de nouvelles optiques nous arrivent avec ce gigantesque projet, tant sur le plan humain que technique. Ce numéro ouvre grande la porte sur les acteurs du projet et ses éléments uniques et constitutifs. Avec le REM nous poussons encore un peu plus loin les promesses d’avenir du génie civil et, plus fort que jamais, appelons la jeunesse à nous suivre.

Bonne lecture ! ■