MAGAZINE CONSTAS
 

Éditorial du numéro en cours

Des choix et des impératifs collectifs

Éditorial du numéro 72 / Été 2025
Gisele Bourque 2024
Me Gisèle Bourque, directrice générale de l’acrgtq et rédactrice en chef du magazine Constas. redaction@magazineconstas.com
Par Me Gisèle Bourque,
directrice générale de l’ACRGTQ et rédactrice en chef du magazine Constas

Depuis maintenant plusieurs semaines, l’industrie de la construction traverse une période rocambolesque.

Dès ce printemps, devant la possibilité d’une récession causée par les tensions liées aux tarifs américains, le gouvernement a mentionné à plusieurs reprises son souhait de se tourner vers la construction d’infrastructures et de grands projets afin de soutenir et de stimuler l’économie québécoise.

S’est ensuivi un budget, en mars dernier, dans lequel le secteur routier et le transport en commun obtenaient une part des sommes supplémentaires injectées dans le Plan québécois des infrastructures.

Et pourtant…

Déjà, à ce moment, nous nous doutions que les sommes supplémentaires n’allaient pas renverser la tendance quant au déficit de maintien des actifs. Nous constations aussi, depuis quelques semaines, que des projets étaient annoncés sans échéancier ou montant précis.

Et depuis, les situations invraisemblables se sont enchaînées: report ou annulation de projets d’infrastructures faute de budget ; grève des ingénieurs de l’État causant des retards et des reports de chantiers et d’appels d’offres gouvernementaux; manifes­tation des camionneurs artisans avec menace d’actions sur les chantiers dans un avenir rapproché.

Or, en mai, nous avons collectivement pris connaissance d’un sondage de CAA-Québec dans lequel nous apprenions que les Québécois souhaitent dorénavant que le gouvernement priorise l’entretien de ses infrastructures plutôt que d’investir dans l’ajout de routes et de structures.

S’il est convenu que nous sommes dans une situation budgétaire difficile et que des choix doivent être faits, nos élus ont désormais le devoir impératif de trouver une solution afin de pérenniser nos infrastructures.

Il est, en effet, inconcevable que même les chantiers qui sont, en théorie, budgétairement assurés puissent être compromis par des conditions qui relèvent du pouvoir décisionnel à Québec!

L’ACRGTQ est constamment en lien avec les décideurs publics et leurs administrations afin de participer à la recherche de solutions dans le but de garantir les travaux de ses membres. C’est une question de sécurité publique et économique.

2035: l’avènement du transport électrique?

Selon les plans actuels, le gouvernement souhaite amplifier le virage vers le transport électrique en effectuant une transition complète d’ici 2035. Constas vous présente donc un dossier sur la question.

Ce passage vers une nouvelle énergie dans nos déplacements entraînera différentes répercussions, notamment concernant le déploiement des infrastructures énergétiques et l’effet des véhicules électriques sur notre réseau routier. En grande entrevue, Christian Savard, de l’organisme Vivre en Ville, abordera, entre autres, ces sujets.

Par ailleurs, comme certains enjeux rattachés à l’électrifi­cation des transports sont perceptibles, il y a de bonnes pratiques desquelles le Québec peut s’inspirer afin de se rapprocher de son objectif.

Répondre aux besoins des consommateurs industriels

L’une des préoccupations associées au transport électrique est l’éventuelle hausse de la demande énergétique. En ce sens, le déploiement du Plan 2035 d’Hydro-Québec demeure prioritaire puisque de nombreux autres usages requerront également d’importantes quantités d’énergie.

Constas vous propose un entretien avec Jocelyn B. Allard, président de l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité (AQCIE). Les entreprises membres de l’AQCIE, actives dans plusieurs secteurs de l’économie québécoise, dont l’agroalimentaire, l’aluminium, la pétrochimie, les pâtes et papiers, la première transformation des métaux, les produits chimiques ou les produits minéraux non métalliques, représentent des piliers économiques pour les régions du Québec et des partenaires connexes à plusieurs autres industries, dont la construction.

Alors que le gouvernement recherche des sources de finan­cement pour son déploiement énergétique et qu’il ne souhaite pas se tourner vers les citoyens pour assumer l’entièreté de la
facture, celui-ci s’est questionné sur la part à endosser par les grands industriels.

M. Allard nous fait part des réflexions de son industrie quant au déploiement énergétique du Québec et sur la nécessaire cohabitation entre les décideurs publics, les grands industriels et le monde du génie civil.

Je vous souhaite une bonne lecture et un bel été!